
La faim... La faim lui tenait le ventre comme s'il était dans un étau. Elle ouvrit les yeux, battit des paupières.
"Mon Dieu, mais où suis-je?
- Chez moi."
Un cri s'échappa de sa gorge alors qu'il apparut devant elle. De taille moyenne, il était vêtu de couleur sombre, et ses longs cheveux noirs et brillants étaient noués en catogan par un ruban de satin noir lui aussi. Il alla s'asseoir dans un fauteuil de velours rouge, couleur dominante de la pièce où ils se trouvaient. Tout ici respirait la richesse: le mobilier de bois précieux, dont le lit à baldaquin où elle était allongée, les tentures de brocart brodées de fils d'or tendues aux murs, les bibliothèques remplies de livres anciens, la cheminée de marbre rouge nervuré d'or...
"- qui êtes vous? demanda-t-elle
L'homme eut un sourire, un sourire triste lui sembla-t-il.
- l'Origine.
- l'origine? Quelle origine?
Il la fixa un instant, la sondant du regard. Elle ne baissa pas les yeux.
- De quoi te souviens-tu? demanda-t-il patiemment. Quelle est la dernière chose que tu ais faite avant de sombrer?"
Elle essaya de se rappeler... Elle se souvenait du théâtre, d'avoir failli y être enfermée, de s'être retrouvée seule dans la ruelle sombre...Puis la douleur, le néant, son corps qui flotte dans les ténèbres...Un goût doucereux et métallique sur ses lèvres et dans sa gorge...Un éclair rouge, un cri de douleur... Puis la faim qui la réveille. Ici, dans cet endroit inconnu, en compagnie d'un inconnu.
"- Tu ne te souviens donc pas d'avoir été agressée. déduit-il, comme s'il avait lu ses pensées.
- Non...enfin...je ne crois pas. Mais cela ne réponds en rien à ma question." - Chez moi."
Un cri s'échappa de sa gorge alors qu'il apparut devant elle. De taille moyenne, il était vêtu de couleur sombre, et ses longs cheveux noirs et brillants étaient noués en catogan par un ruban de satin noir lui aussi. Il alla s'asseoir dans un fauteuil de velours rouge, couleur dominante de la pièce où ils se trouvaient. Tout ici respirait la richesse: le mobilier de bois précieux, dont le lit à baldaquin où elle était allongée, les tentures de brocart brodées de fils d'or tendues aux murs, les bibliothèques remplies de livres anciens, la cheminée de marbre rouge nervuré d'or...
"- qui êtes vous? demanda-t-elle
L'homme eut un sourire, un sourire triste lui sembla-t-il.
- l'Origine.
- l'origine? Quelle origine?
Il la fixa un instant, la sondant du regard. Elle ne baissa pas les yeux.
- De quoi te souviens-tu? demanda-t-il patiemment. Quelle est la dernière chose que tu ais faite avant de sombrer?"
Elle essaya de se rappeler... Elle se souvenait du théâtre, d'avoir failli y être enfermée, de s'être retrouvée seule dans la ruelle sombre...Puis la douleur, le néant, son corps qui flotte dans les ténèbres...Un goût doucereux et métallique sur ses lèvres et dans sa gorge...Un éclair rouge, un cri de douleur... Puis la faim qui la réveille. Ici, dans cet endroit inconnu, en compagnie d'un inconnu.
"- Tu ne te souviens donc pas d'avoir été agressée. déduit-il, comme s'il avait lu ses pensées.
L'homme remarqua qu'elle commençait à s'échauffer, aussi livide que le linge de nuit dont il l'avait fait revêtir, son costume bariolé ayant été mis en pièce par son agresseur.
Elle avait faim, elle avait soif et tout son organisme réclamait de quoi se nourrir. Dans son état actuel, il serait difficile de lui faire comprendre ce qu'elle était devenue. "- Je suis l'Origine, je te l'ai dit. Mais l'on me nomme aussi Le Guide, seigneur de Venise.
- L'origine de quoi? hurla-t-elle. Répondez moi!" Le Guide la scruta de nouveau puis soupira.
"-Lèves-toi, nous allons sortir. Et avant que je n'ai pu t'expliquer, tu auras compris par toi même. Deux de mes servantes vont venir te vêtir. Je t'attends dans le petit salon." Sur quoi il sortit de la pièce avant même qu'elle ait pu faire un mouvement, ce qui la terrifia: il fit tout cela en quelques secondes, et à peine l'eut-elle vu se lever que la porte se fermait déjà sur lui.
Quelques minutes plus tard, deux femmes au teint livide et aux yeux rouges entrèrent dans la pièce, apportant avec elles les atours qu'elle allait porter pour cette escapade nocturne.
Abasourdie, elle se laissa habiller par les deux femmes: sous-vêtements, bas corset, jupe et jupons, tous les vêtements étaient de couleur noire, ainsi que les bottines à talons hauts et la cape de velours à doublure de satin qu'on lui fit porter. Elles brossèrent ses longs cheveux cuivrés et relevèrent ses boucles en une coiffure savament étudiée, où elles piquèrent ensuite une rose noire.
Puis elles la menèrent silencieusement au petit salon où le Maitre des lieux l'attendait. "Sortons" dit-il.
Wellington quay était encore animé malgré l'heure plus que tardive. Elle fût heureuse de voir qu'il ne l'avait pas emmenée bien loin du théâtre. Elle pourrait rentrer chez ses parents une fois qu'elle aurait diné...Du moins l'espérait-elle.
Elle sentit soudain comme un vertige, un malaise quand on passait trop près d'elle dans la rue. Le Guide lui tendit le bras. Elle le prit.
"Bientôt tu seras apaisée" l'assura-t-il. Ses mots lui parvenaient comme à travers un brouillard, la foule semblait marcher au ralenti. Puis elle entendit des rires, vit de grandes ailes noires passer devant elle. Elle dodelinait de la tête, le regard lointain, tendant le bras pour toucher les ailes des anges noirs, riant avec eux sous l'arche, puis dans le coupe-gorge dans lequel Le Guide l'emmena. Un homme arrivait à leur rencontre. D'allure bourgeoise, portant costume, haut de forme et cape de soie, il leva les yeux vers Gabrielle. Le Guide attendait dans l'ombre, sous l'arche, regardant sa protégée. Il savait d'ores et déjà de quoi allait être faite les minutes qui suivraient.
L'homme au haut de forme la salua, un regard ambigu au fond des yeux. La jeune femme avait l'air soûle, riant au ciel, tendant le bras pour toucher les étoiles. Elle le vit néanmoins et répondit à son salut. Il tenta d'échanger quelques mots mais elle riait comme une folle. Il tenta de lui prendre le bras, voulant l'enlacer. Elle le repoussa fortement. Elle ne riait plus.
L'homme la plaqua alors contre le mur, tentant de l'embrasser. D'un revers de la main, Gabrielle le fit reculer de 5 pas et il s'affala au sol. Elle était ivre de colère. Elle avait faim, elle avait soif et son sang bouillait dans ses veines.
Le coup que l'homme avait reçu lui avait entaillé la lèvre et le sang coulait, maculant de rouge la chemise à jabot blanche qu'il portait. S'en fut trop: Gabrielle se rua sur lui, arracha le tissu à coup d'ongles et planta ses dents dans la clavicule de l'homme, le tuant à petit feu. Sous elle, il tentait de se débattre, de se dégager d'elle. Mais elle était plus forte. Elle riait de cette force, de ce pouvoir qu'elle possédait et qu'il n'avait pas. Elle le dominait, et ses rires devenaient déments.
Lorsque le corps fut sans vie, qu'il ne fût plus qu'un tas de chair inerte, elle se releva, essuyant une dernière goutte de sang du dos de sa main. "Lady Gabrielle, appela Le Guide, rentrons, il est temps."
Elle le fixa un instant par dessus son épaule. Puis se baissa, attrapa le Haut-de-forme et le posa sur sa tête. "Oui, rentrons" murmura-t-elle
Pix: Le Guide, par Sid
modèle: Carmihela
Pix: Le Guide, par Sid
modèle: Carmihela

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